Histoire de Petersbach
Découvrez l'histoire du village de Petersbach dans le Bas-Rhin (67)
Histoire de Petersbach Situation géographie et archéologiquePetersbach est une commune rurale d’environ 670 habitants. Située en Alsace Bossue, au contact des Vosges du Nord et du Plateau Lorrain, Petersbach fait partie du Parc Naturel Régional des Vosges du Nord. Le village est situé à 370 mètres d’altitude et fait partie des 25 communes les plus hautes du département du Bas-Rhin. Sa superficie est de 887 hectares dont 431 hectares de forêt domaniale. La localité est située sur la ligne de partage des eaux entre le bassin mosellan et le bassin rhénan.Si Petersbach ne possède pas de monument historique inscrit ou classé, le village, plusieurs fois détruit et reconstruit, recèle encore de belles pierres, notamment des linteaux de portes gravés ou sculptés. En rase campagne on trouve une réplique d’un banc reposoir napoléonien en grès, (l’original fut construit en 1812) en direction de La Petite-Pierre, et un beau calvaire de 1885 en direction de Struth. Quelques bornes plus ou moins anciennes sont visibles sur les limites communales en bordure des forêts.Au point de vue archéologique, il est très probable qu’une route romaine ait longé le village en venant de La Petite-Pierre, pour rejoindre à Asswiller la route de Tabernae (Saverne). Le pasteur et archéologue Jean RINGEL en poste à Diemeringen de 1853 à 1864, témoigna qu’il avait découvert près de Petersbach des vestiges qu’il interprétait comme un castrum romain. Il dressa un plan mais qui ne fut ni publié, ni conservé.Première page de l'acte de vente de la commune de Petersbach par Karl Philipp de CROY à GEORGES-JEAN de Veldenz datant de 1586 et conservé aux archives de Munich.De l’aube à la RévolutionS’il est possible que Petersbach existait déjà au 14e voire au 13e siècle, aucun document d’époque n’étaie cette hypothèse. Petersbach a appartenu avant 1586 à la seigneurie de Fénétrange, formant ainsi une enclave dans le comté de La Petite-Pierre. Le 1er juillet 1583, le comte Paul de SALM a vendu pour 80.000 francs en son nom et au nom de ses frères, une partie de son territoire comprenant le village de Petersbach, à Karl Philipp de CROY, marquis du Havre. Quelques années plus tard, le 24 juin 1586, Phillip de CROY a revendu Petersbach pour 10.000 guldens au comte George-Jean de VELDENZ plus connu sous le nom populaire de Jerry-Hans.La première mention du village apparaît sous la plume du juge de paix Jean HOFFMANN. Il notait en 1804 qu’il était en possession d’une vieille Bürger Ordnung (règlement du village) se trouvant dans les archives communales (ce document n’existe plus), datée de 1445 et comportant 36 noms correspondant sans doute à autant de familles. On suppose qu’au milieu du 15e siècle vivaient environ 200 personnes à Petersbach. Elles habitaient toutes au bas du village autour de la petite église catholique. Mais cette importante communauté allait très certainement être décimée au cours des siècles par la maladie et les nombreuses guerres.Une notice retrouvée aux archives départementales décrivant les limites du ban communal sous le nom de Petersbach effectuée le 29 octobre 1540 confirme l’existence de notre village. En 1561, Petersbach est qualifié de village welsche (français) comme nous l’apprend un document concernant la seigneurie de la Petite-Pierre« Il est une forêt dénommée Kapschitt faisant partie du village welsche de Besersbach, appartenant au comte de SALM, où le comte de La Petite-Pierre a le droit de chasse ». En 1559 des huguenots protestants persécutés dans leur région (surtout en Lorraine) s’étaient établis à Petersbach. Une deuxième vague d’immigration eut lieu après la Guerre de Trente Ans.Le règlement communal de Petersbach de l’année 1612 qui réglementait avec rigueur la vie de la communauté villageoise est le plus ancien document se trouvant dans les archives municipales. C’est un registre de 14 pages complètement défraîchi, torturé par l’usage avec des feuilles intérieures jaunies par l’âge, encrassées par des consultations répétées, texte écrit en lettres gothiques et dont la lecture de certains mots est devenue impossible. On sait qu’à l’époque les habitations étaient regroupées au bas du village et ce n’est qu’en 1620 que fut construite l’auberge dans le haut du village. Mais on peut raisonnablement penser que le village s’était développé depuis le rachat par le comte de La Petite-Pierre en 1586. Il n’était habité alors que par 4 familles.Pendant les nombreuses guerres au cours du 17e siècle (dont la Guerre de Trente Ans 1618-1648) le village ainsi que les communes environnantes subirent de graves dommages et le règlement communal tomba dans l’oubli. C’est seulement vers la fin du 17e siècle quand le pays fut remis des troubles de la guerre et de la misère qui avait décimé les habitants, que des immigrants s’établirent dans la région. En 1707, on trouva nécessaire de remettre à jour le règlement communal de Petersbach et de le transcrire (toujours en écriture gothique) pour un deuxième exemplaire plus lisible. Si le document initial de 1612 comportait 33 points, plusieurs articles s’ajoutèrent sur la deuxième version en 1707, en 1763 et le 12 février 1789, soit quelques mois avant la Révolution qui mit naturellement un terme à l’usage de ce règlement.L’Alsace s’était à peine remise de la Guerre des Paysans, que s’abattit sur elle, un siècle plus tard, l’épreuve la plus terrible de son histoire, la Guerre de Trente Ans. En juillet 1633, des unités lorraines traversèrent le comté pour aller aux secours de la ville de Haguenau qui était assiégée par les Suédois. Elles furent défaites près de Petersbach par un comte Palatin, CHRISTIAN duc de Birckenfeld, général de l’armée suédoise. Les années 1635 et 1636 furent deux années terribles de guerre. Des hordes sauvages, surtout des Croates, pillaient, brûlaient, détruisaient de nuit comme de jour les villages de la région. Les habitants se cachaient dans les bois. La maladie et la famine s’en mêlant. Même si le village n’était guère peuplé, on enregistra à Petersbach de 1637 à 1639 : 2 baptêmes, 3 mariages et 1 enterrement.Petersbach ne comptait en 1662, soit une quinzaine d’années après la fin de la guerre, que 5 noms de familles d’immigrés. Quand des temps plus calmes furent revenus, des étrangers s’établirent dans la région ; des soldats las de la guerre, quelques Français, mais surtout des Suisses qui fuirent leur pays en 1653 suite à une révolte paysanne. A peine avait-on pansé les plaies de la Guerre de Trente Ans que s’abattit sur la région de 1674 à 1676 une terrible épidémie, la peste (Der schwarze Tod). Dans le registre paroissial de La Petite-Pierre sont notés 70 enterrements pour la seule année 1674 Rien que dans les cinq premiers mois de l’année 1676 décédèrent de cette maladie plus de 100 personnes, ce qui représentait un pourcentage élevé vu la faible population de l’époque. A Petersbach, on ne dénombra que 4 décès dans cette même période, ce qui laisse supposer que peu d’habitants résidaient au village.Une prison à PetersbachLors d’une délibération du conseil municipal du 16 prairial an II (4 juin 1794), il est précisé qu’il n’y a pas de prison à Petersbach. On peut supposer que sa construction date de la période après 1804, car dans une autre réunion du le 8 brumaire an XII (31 octobre 1803) il est noté « Suite au décret du 17 vendémiaire, il doit circuler dans chaque commune une garde composée d’habitants civils du village. Comme il n’y pas de maison appropriée pour une salle de garde, la municipalité a décidé de confier cette tâche à la Garde Nationale et de mettre à disposition une petite salle faisant partie de l’école protestante du Mitteldorf. » Les premiers documents relatifs à la prison se rapportent à des travaux de maçonnerie et de serrurerie effectués en 1817. La brigade de gendarmerie composée de six hommes et autant de chevaux était logée à plusieurs endroits dans le village.D’après les registres servant à l’inscription des prisonniers enfermés à Petersbach, on constate que des citoye