Historique de Lutzelbourg
Apprenez l'histoire de Lutzelbourg, depuis l'antiquité jusqu'au 21ème siècle.
Lutzelbourg Histoire d'un Village Dès le 1er siècle de l'ère chrétienne, des établissements gallo-romains existent notamment à proximité de Lutzelbourg- en forêt de Hultehouse. Différentes fouilles attestent l'existence de communautés pratiquant l'élevage, l'exploitation forestière et la taille de la pierre. Les premières voies de communication datent de cette époque : un chemin suivait la Zorn depuis Saverne, puis Lutzelbourg et permettait de rejoindre la voie dite consulaire de Argentorate (Strasbourg) à Metz. Le docteur Koeberlé- propriétaire du Château vers 1890, pense qu'un donjon- un castel romain était édifié sur le promontoire rocheux. Les pratiques celtiques restaient vivaces, ainsi jusqu'à nos jours, à Carnaval, on lançait des disques enflammés depuis la colline vers la vallée : « Schiweschlawe » d'ailleurs le nom de La Zorn, d'abord orthographiée "Sor"est un nom sans doute de cette époque (langue indo-européenne) et peut être traduit par "la coulante". Calvaires à Lutzelbourg DE LA RESTAURATION AU IIème REICH Cette période est marquée par deux faits majeurs : la construction de la gare (ligne Paris Strasbourg) et la Canal de la Marne au Rhin L’histoire de la gare de Lutzelbourg est étroitement liée à celle du canal de la Marne au Rhin ; en effet ces deux infrastructures ont été mises en service en même temps c’est à dire au début des années 1850. La gare de LUTZELBOURG est la seule du canton, la municipalité de Phalsbourg l’aurait refusée par crainte d’une invasion militaire. Le projet de la ligne Paris Strasbourg date des années 1831/32. Sur l’ensemble du réseau, la partie entre Lutzelbourg et Arzviller pose de nombreuses difficultés techniques : il fallait creuser sous la colline du Château un tunnel ainsi qu’à Arzviller, un viaduc à cinq arches au-dessus du canal et de la Zorn…. La ligne Sarrebourg – Strasbourg fut inaugurée le 28 mai 1851 voir dans Erckmann-Chatrian « Maître Daniel Rock » « Représentez-vous la scène par un beau soleil... représentez – vous les maires, les conseillers municipaux aussi nombreux que les étoiles du ciel.. » Une collation fut offerte au Château par la Compagnie des Chemins de fer. Le bâtiment actuel date de 1852 ; au moment de l’inauguration, il n’y avait qu’un bâtiment provisoire. Le bâtiment voyageur était construit en pierres de taille aux angles, couvert d’ardoises et l’ensemble des constructions a coûté 86 235 francs. Sur tous les plans, notre village profitera de l’arrivée du train et du canal et deviendra prospère : de multiples entreprises naissent, d’autres y trouvent des moyens de croissance extraordinaire. Dès 1858, les infrastructure sont insuffisantes, il paraît nécessaire de rallonger quais et voies de garages, d’acquérir du nouveau matériel de déchargement Le trafic des voyageurs est également important 1861 : 10 245 1868 : 16 391 Dès 1861, il y avait 3 départs pour Nancy, 4 vers Strasbourg En 1914, on comptait 13 trains par jour Strasbourg. Le train fut aussi à l’origine de l’essor du tourisme dans notre cité et l’activité hôtelière du début de ce siècle doit beaucoup au rail Lutzelbourg qui ne comptait que 480 habitants en 1822 (moins que Garrebourg : 680, Saint Louis 758) va connaître une croissance démographique sans précédent : 665 habitants en 1846, 692 en 1910, 700 en 1939, plus de 800 en 1968. LE CANAL DE LA MARNE AU RHIN Dès le XVI ème siècle, des projets de navigabilité dans la vallée de la Zorn foisonnaient. Un des plus importants étaient celui de Georges Jean, familièrement appelé « Jerry Hans », Comte Palatin de Veldenz- La Petite Pierre (1543/1592). Fondateur de la ville de Phalsbourg, il avait pour souci de développer les réseaux de transport afin d’accroître le commerce de bois notamment. Aussi vers 1575/1576, il fit exécuter des travaux afin de rendre navigable la Zorn entre Haselbourg et Lutzelbourg, notamment par le flottage. Après avoir vendu la ville de Phalsbourg au Duc Charles III de Lorraine, en 1583 il projeta une liaison quasi-directe entre la Zorn et la Sarre par un canal artificiel. Le canal passerait près de Brouderdorff, puis à l’ouest de Niderviller et Hommarting, passerait entre Bourscheid et Mittelbronn pour arriver par le Hesselgraben à l’Ouest de Phalsbourg dans la Zorn à Lutzelbourg. La liaison avec la Sarre se ferait par un embranchement, juste à mont de Brouderdorff, sur la Bièvre qui se jette dans la Sarre, à val de Sarrebourg. Les dénivellations seraient compensées par un système d’écluses ; une trentaine du côté de la descente sur Lutzelbourg. Contrairement aux différents projets de canaux, celui-ci n’était pas à portée stratégique ou militaire mais bien à vocation économique. Ce projet mis au point en 1591, est contemporain du Canal de Briare et n’a rien d’utopique. Cependant, cette idée fut fortement décriée par le théologien Winckelmann et l’architecte de la Ville de Strasbourg Daniel Specklin. La mort de Jean Georges en 1592 mis fin à ce projet et il fallut attendre plus de deux siècles avant de voir enfin naître le canal. En 1826, M.Brisson, ingénieur des Ponts et Chaussées élabore un nouveau projet d’une voie d’eau Paris–Strasbourg. C’est lui qui a prévu le point de passage entre Hommarting et Arzviller 28 mètres plus bas que le col de Hommert. Les 517 kilomètres de canal dont 11,9 en souterrain totalisant une dénivelée de 539.56 mètres sont estimés à 67 500 000 F et les premiers crédits sont votés en 1838. Les travaux furent entrepris en 1840 à l’Ouest des Vosges mais les crédits furent si réduits qu’en 1841 seuls 15 kilomètres ont été réalisés ! En 1844, le principe de la construction du canal de la Marne au Rhin fut remis en question suite à l’évolution du chemin de fer ; ainsi la loi du 5 août 1844 décidait que les travaux seraient suspendus entre Nancy et Strasbourg. Coup de force de députés lorrains et alsaciens qui firent pression et obtinrent de nouveaux crédits en 1846. Concernant Lutzelbourg, les projets furent mis au point par MM. Molard et Jacquiné, ingénieurs des Ponts et Chaussées à Sarrebourg. « Au delà de l’écluse 18, se trouvent réunies les deux difficultés du passage du village de Lutzelbourg, dont les maisons voisines de la rivière ne laissent pas une largeur suffisante pour cette rivière et pour le canal, et la double inflexion à angle droit produite dans la vallée de la Zorn par le promontoire sur lequel s’élèvent les tours du vieux château. Le tracé proposé dans le village nécessite la démolition de 6 maisons toutes en mauvais état et de très peu de valeur ; les levées du canal enterreront le rez de chaussée d’une 7ème maison d’une plus grande valeur qui sera rachetée pour servir de maison d’éclusier. » Les difficultés liées à la construction furent importantes : le maintien du gué sur la Zorn (qui était alors le seul passage public dans le village) influa sur l’implantation de l’écluse 21 car il fallait maintenir son accès, de même l’écluse 22 fut placée de telle sorte que le passage vers le Moulin dit du milieu soit facile ; l’existence de ruisseaux : le Waldbach, le Rheinbach, le Stutzbaechel et le ruisseau des Baraques, tous coupés par le canal, nécessite le construction de siphons. De plus des épidémies de fièvre avaient décimées la population durant les travaux de terrassement du canal et du chemin de fer : on dénombre 68 décès en 1852 avec parfois trois décès par jour. La mise en eau du canal se fit, elle aussi non sans mal : filtrations, éboulements, ruptures de digues nécessitèrent à divers travaux de consolidation. La mise en eau définitive se fit en septembre 1853 mais des éboulements et ruptures de digues au niveau des écluses d’Arzviller nécessitèrent des travaux de consolidation et le premier bateau franchit ces écluses le 22 septembre 1854 et arriva à Strasbourg le 26. L’exploitation du chemin de fer, du canal de la Marne au Rhin, va engendrer des nouvelles professions qui vont suppléer le déclin de l’artisanat, notamment des tisserands remplacés par les grandes usines de textile des Vosges et du Haut Rhin,