Cities of memory
Jeudi 7 mai, la CUD, le réseau des Villes Mémoires et le Comité européen des régions ont présenté « l’Engagement de Bruxelles ». Ils invitent les villes d’Europe à se tourner vers un avenir porteur d’espoir, en faveur de la paix et du droit international.
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Agir pour la paix, pour le droit international, pour la citoyenneté, pour l’éveil des consciences, pour la solidarité, pour une jeunesse ouverte sur le monde.Porté par Patrice Vergriete, président de la CUD et Kata Tüttő, présidente du Comité européen des régions, « l’Engagement de Bruxelles » invite les villes européennes à devenir des « Cities of Europe, cities for the future ». En d’autres termes, des territoires qui mettent en place des initiatives locales pour promouvoir le dialogue européen entre les jeunes, qui font preuve de solidarité envers les villes menacées et qui participent à une Europe souveraine, résiliente et pacifique. Des jeunes dunkerquois devenus « passeurs de paix » Dans le cadre du projet MAPAix, des élèves du lycée Jean-Bart à Dunkerque ont échangé et rencontré des jeunes ukrainiens de Boutcha. Une expérience riche, formatrice, qu’ils ont racontée au Comité européen des régions lors de la présentation de « l’Engagement de Bruxelles ». Ces jeunes citoyens ont à cette occasion affirmé leur volonté d’être des ambassadeurs de paix auprès de leur génération. Dunkerque, au Nord de la France. Boutcha, en banlieue de Kiev en Ukraine. Deux villes, deux réalités mais un point commun : la guerre. Si elle est un souvenir tragique de plus de 80 ans pour la cité de Jean-Bart, elle constitue un traumatisme encore vif pour la ville ukrainienne, meurtrie par un massacre civil lors de l’invasion russe il y a quatre ans. A l’occasion du projet MAPAix, soutenu par le réseau des Villes Mémoires, des élèves de classe de 1e « internationale » du lycée Jean-Bart à Dunkerque ont échangé par visio-conférence durant plusieurs mois avec des adolescents de Boutcha. L’occasion de confronter le lien qui unit leur territoire à la guerre et partager leurs espoirs pour un avenir en faveur de la paix. En mars dernier, les Ukrainiens ont été accueillis par les jeunes dunkerquois. Ils ont poursuivi leur réflexion en visitant des lieux de mémoire. Des liens précieux d’amitié sont nés, qui perdurent encore aujourd’hui. « Ce projet a aussi suscité notre intérêt vis-à-vis de l’actualité internationale, témoignent les lycéens dunkerquois. De spectateurs, nous sommes passés à interlocuteurs actifs, avec une pensée critique. Etre informés ne suffit pas. Notre rôle désormais sera de sensibiliser les autres jeunes. Sans mémoire, pas de compréhension. Sans compréhension, pas de paix. Avec ce projet, on est engagés envers l’Europe. »Accompagnés d’autres jeunes du Dunkerquois (élus et étudiants à l’ULCO), les lycéens dunkerquois ont fait partie de la délégation de la CUD et du réseau des Villes Mémoires pour défendre l’Engagement de Bruxelles en tant que « passeurs de paix ». En octobre prochain, ils se rendront en Italie, à Marzabotto, haut lieu de résistance et qui fut un des plus grands massacres civils de la Seconde Guerre mondiale, et à Bologne, où se tiendra le prochain congrès du réseau des Villes Mémoires. Deux communes ukrainiennes invitées au Comité européen des régions Victimes des attaques de l’armée russe, les villes ukrainiennes de Marioupol et Boutcha ont revendiqué leurs désirs de paix et de justice et ont témoigné leur reconnaissance envers le réseau des Villes Mémoires. « On peut s’habituer à tout, sauf à voir mourir des enfants », alertait Vadym Boytchenko, maire de Marioupol. Pendant le siège de cette ville industrielle et portuaire, 86 jours entre février et mai 2022, 1700 enfants ont péri sur les 12 500 victimes civiles déplorées. A l’occasion de « L’Engagement de Bruxelles » au Comité européen des Régions à Bruxelles, l’édile ukrainien s’est exprimé sur son expérience du conflit et sur sa détermination pour que justice soit faite sur les exactions. « Les témoignages d’aujourd’hui nous donnent du courage et nous sommes reconnaissants ». Ville associée au réseau des Villes Mémoires, Boutcha était aussi représentée par son maire, Anatolii Fedoruk. Lors de l’invasion russe en 2022, plus de 500 habitants de cette commune située en banlieue de Kiev ont été massacrés. « Le réseau des Villes Mémoires n’est pas simplement un moyen de préserver la mémoire, c’est aussi un outil pour créer notre avenir », a souligné le maire ukrainien. Pour témoigner sa reconnaissance du travail et de la réflexion menés par le réseau des Villes Mémoires, Anatolii Fedoruk a remis à Patrice Vergriete un plaque gravée commémorative représentant sa ville avec son futur centre de mémoire. « Merci à nos amis ukrainiens de défendre notre liberté par le prix du sang. Notre soutien est évident », a conclu Patrice Vergriete. Pour approfondir « L’Appel de Dunkerque » : Manifeste de Patrice Vergriete annoncé le 22 mai 2025 et repris par des représentants des Villes Mémoires, qui appelle les villes d’Europe et du monde à défendre la paix et le droit européen. « L’Engagement de Bruxelles » : En écho à l’Appel de Dunkerque, ce Manifeste a été porté par le réseau des Villes Mémoires et le comité européen des Régions le 7 mai 2026. Il invite les villes européennes à s’engager publiquement pour la paix et la défense des valeurs citoyennes. Cities of Europe, cities for the future : En signant « l’Engagement de Bruxelles », les territoires s’engagent à mettre en place des initiatives locales d’éveil de conscience pour sa jeunesse, à promouvoir le dialogue entre les jeunes, à développer la solidarité envers les villes menacées et à participer à une Europe souveraine, résiliente et pacifique. Le Comité européen des régions : Assemblée des représentants locaux et régionaux de l’Union Européenne. Le réseau des Villes Mémoires. Initié par la CUD en 2016, ce réseau de coopération internationale réunit une vingtaine de villes et d’agglomérations qui ont subi la guerre ou un acte de barbarie. Il défend la transmission de la mémoire, une démarche pacifiste et une diplomatie des villes. En images