Exposition à la galerie...
Mélanie Méajie, Marie Poyet et Yvan Baudoin du 13 mai au 14 juin 2026...
Mélanie Méajie, Marie Poyet et Yvan Baudoin du 13 mai au 14 juin 2026... La municipalité d'Ancy-le-Franc a le plaisir de vous convier au vernissage de l'exposition des artistes Mélanie Méajie, Marie Poyet (photographies) et Yvan Baudoin (sculptures) le samedi 16 mai 2026 à partir de 18 heures. DISCOURS DE VERNISSAGEGalerie-Musée de la Faïence — 16 mai 2026 Mesdames, Messieurs, C’est avec une joie toute particulière que la municipalité et moi-même vous accueillons aujourd’hui, pour inaugurer la deuxième exposition de la saison 2026, ici même, dans ce lieu si singulier qu’est le Musée-Galerie de la faïencerie d’Ancy-le-Franc.Un lieu qui, vous le savez, fait dialoguer depuis plusieurs années la mémoire de notre territoire avec les expressions de la création contemporaine, dans un esprit d’ouverture, de sensibilité et de partage.Pour ouvrir cette nouvelle exposition, Martine Denooz a souhaité nous faire rencontrer trois artistes, trois parcours, trois manières d’entrer en relation avec le monde.Et ce qui me frappe, en parcourant cette exposition, c’est que ces trois univers ne se juxtaposent pas simplement. Ils se répondent. Ils nous font passer de la lumière à l’ombre, de la photographie à la matière, du regard posé sur le monde au geste qui le transforme. Pour vous présenter le travail de ces trois artistes, je vous propose d’entrer d’abord dans la couleur avec Mélanie Maéjie, pour laisser ensuite la lumière se faire grain et silence avec Marie Poyet, et nous terminerons en passant du papier à la pierre, avec le bestiaire d’Yvan Baudoin....Le parcours de Mélanie Maéjie rappelle que l’art ne suit pas toujours une voie toute tracée. Originaire de La Celle-Saint-Cyr, elle exerce depuis plus de vingt ans le métier de chauffeur poids lourd. Chaque jour, très tôt, elle prend la route, traverse les paysages, observe les brumes, les levers du jour, les lumières fugitives. Ce métier fait de mouvement, de solitude et de liberté nourrit profondément son regard photographique.Attirée par l’image depuis l’enfance, Mélanie Maéjie est venue à la photographie tardivement, en 2020, de manière autodidacte. Elle dit elle-même que la photographie a d’abord été pour elle un moyen d’évasion et de libération dans un monde qui pouvait parfois lui sembler fou. Peu à peu, ce refuge intime est devenu une ouverture : une manière de rencontrer, de partager, de regarder autrement. Cet élan l’a conduite à exposer de façon permanente au restaurant Le Rive Gauche à Joigny, à créer une micro-entreprise dédiée à la photographie, puis à participer au festival Art dans les Cours et Jardins de Saint-Sauveur-en-Puisaye, aux côtés du talentueux Daniel Salem.Ses photographies en couleur témoignent d’un regard qui sait s’arrêter. Une aile de libellule devient vitrail, une toile d’araignée perlée de rosée devient bijou, un ciel embrasé transforme les silhouettes d’arbres en figures presque solennelles, un pissenlit en graine se déploie comme un feu d’artifice fragile. Mélanie Maéjie pratique l’art de saisir l’instant juste : celui que l’on ne fabrique pas, mais que l’on accueille parce qu’on a su être disponible.Chez elle, la couleur n’est pas simplement décorative ; elle est émotionnelle. Elle donne de l’intensité au réel, rend visibles des vibrations souvent imperceptibles et révèle la beauté discrète des choses ordinaires. Ses images partagent un même secret : la conviction, profondément ressentie, que la beauté ne se trouve pas ailleurs, mais ici, à condition qu’on veuille bien la regarder. Son travail nous invite ainsi à ralentir, à regarder ce que nous traversons trop vite. Il porte une véritable philosophie de l’attention : transformer une halte au bord d’une route, un détail de nature ou une lumière du matin en moment de grâce....Après l’univers coloré, lumineux, presque solaire de Mélanie Maéjie, nous entrons avec Marie Poyet dans un autre climat : celui du noir et blanc, de la profondeur, du silence et du mystère.Originaire de Côte-d’Or, Marie Poyet a grandi dans un foyer où l’image était déjà présente : un père peintre, une mère photographe amateure. Cette double influence — la rigueur de la composition picturale et la liberté du regard photographique — a forgé très tôt sa sensibilité. La découverte de l’œuvre de son arrière-arrière-grand-père, dessinateur-graveur du XIXe siècle, notamment autour des grandes inventions de son temps, inscrit encore davantage son parcours dans une histoire familiale de transmission et d’artisans de l’image.Mais Marie Poyet a construit son propre chemin. Après des études en cinéma et en histoire de la photographie à Dijon, Lyon et Berlin, elle débute à Paris. Les studios ne lui conviennent pas : elle a besoin d’espace, de nature, d’une relation plus directe et moins artificielle au visible. Elle devient alors tireuse noir et blanc argentique dans des laboratoires réputés, à Paris puis à Barcelone. Pendant dix ans, dans la lumière rouge de la chambre noire, elle révèle les images des autres, attentive à leur intention, à leur lumière, à leur matière. Cette expérience donne à son œuvre une profondeur particulière : chez elle, l’image n’est jamais immédiate, elle apparaît lentement, comme une présence que l’on laisse venir.Un long voyage en Inde, en solitaire, avec des pellicules noir et blanc dans le sac, marque un tournant. À son retour, Marie Poyet ose enfin travailler ses propres photographies. Elle utilise de vieux appareils, accepte leurs défauts, leurs flous, leurs imprécisions, et fait de ces fragilités un véritable langage. Là où d’autres chercheraient la netteté parfaite, elle choisit l’émotion, le trouble, le tremblement du regard.Ses photographies nous conduisent vers les arbres, les feuillages, les forêts, les matières végétales. Mais elle ne photographie pas simplement la nature : elle l’invoque. Dans ses images, les arbres deviennent des figures, les troncs des présences, les feuillages des visages ou des apparitions. Le grain devient texture, la lumière devient presque matière ; on pense parfois au fusain, à une photographie qui rejoindrait le dessin ou la peinture.Il y a chez Marie Poyet une manière très délicate de faire surgir l’étrange dans le familier. Ce que nous croyions connaître — un arbre, une branche, une lumière — se transforme soudain en paysage intérieur. Ses photographies ne cherchent pas à expliquer : elles invitent chacun à cheminer d’image en image, à recomposer son propre récit, sans chronologie imposée.Chaque tirage est accompagné d’un court fragment poétique tapé à la machine — « L’élan retrouvé, en s’élevant vers la lumière, je veux espérer », ou encore « Plantes en majesté, il suffit de s’arrêter pour voir la beauté ». Ces mots, glissés au pied des images, ne les expliquent pas : ils les prolongent. Et ils nous rappellent que regarder demande du temps, de la disponibilité, et peut-être aussi une forme d’espérance....Avec Yvan Baudoin, nous quittons le papier pour la matière, l’image plane pour le volume, la lumière captée pour la lumière qui contourne, traverse ou révèle la pierre.Yvan Baudoin est un artiste bien connu de notre territoire et un habitué de la Galerie-Musée de la Faïence d’Ancy-le-Franc, où il a exposé pour la première fois en 2010. Et l’on peut, en vérité, se demander s’il est encore nécessaire de présenter l’œuvre remarquable de ce sculpteur dont le talent et la passion pour la pierre de Bourgogne ont su captiver tant d’amateurs d’art à travers la région — et bien au-delà.Originaire de Dannemoine, dans le Tonnerrois, il part au début des années 1980 à Paris pour se former au métier de tailleur de pierre auprès des Compagnons. Il travaille ensuite sur quelques-uns des monuments les plus prestigieux de notre patrimoine : le Louvre, les Invalides, l’Arc de Triomphe, le château de Versailles, Saint-Germain-l’Auxerrois, Saint-Étienne-du-Mont, ainsi que les cathédrales de Bourges et d’Orléans.Il se forme parallèlement au dessin et au modelage aux ateliers de la Ville de Paris, et obtient en 1984-1985 une