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Histoire des Deux-Sèvres

Histoire des Deux-Sèvres   |  Mairie de Chanteloup -    Des trois départements qui ont été formés avec l’ancien Poitou, celui des Deux-Sèvres occupe la région centrale ; confinant à l’est à la Vienne, et à la Vendée à l’ouest, il fait vers le sud-ouest

Source : Chanteloup
Histoire des Deux-Sèvres

Des trois départements qui ont été formés avec l’ancien Poitou, celui des Deux-Sèvres occupe la région centrale ; confinant à l’est à la Vienne, et à la Vendée à l’ouest, il fait vers le sud-ouest une pointe dans la Saintonge, à laquelle il a emprunté 25 921 hectares de son territoire. Comme le reste du Poitou, ce pays était habité par les Pictones, quand les Romains l’envahirent. Après avoir pris part à la lutte nationale, qui se termina par la chute d’Alésia et la défaite de Vercingétorix, ils se soumirent à César, et firent partie de l’Aquitaine, dont ils suivirent la fortune, tour à tour conquis par les Wisigoths et par les Francs. Au commencement du VIe siècle, saint Agapit et saint Maixent prêchèrent dans le pays la foi nouvelle, et y fondèrent une abbaye. Vers 732, les Sarrasins y parurent, mais pour être bientôt dispersés par Charles-Martel. Sous les Carlovingiens, quand le pouvoir des grands vassaux se substitua, dans la France entière, à l’autorité royale, quand les puissants comtes de Poitiers, créés par Charlemagne, eurent affermi leur domination sur les vastes territoires devenus leurs fiefs héréditaires, on vit se reproduire en petit, dans leur province, ce qui s’était passé dans le royaume. Les barons, qu’ils avaient préposés à l’administration des diverses parties de leurs domaines, affectèrent vis-à-vis d’eux la même indépendance que les comtes affectaient eux-mêmes envers le roi de France, et de même que l’État n’était plus que l’assemblage fictif de provinces à peu près indépendantes, le Poitou ne fut plus que la réunion de seigneuries obéissant à des maîtres différents, soumises chacune à des lois et à des usages particuliers et trop souvent en guerre les unes contre les autres. C’est alors que prirent naissance ces désignations de Niortais, de Bressuirois, de Mellois, souvenir rajeuni des subdivisions gauloises, qui donnaient à chaque canton ou pagus ses frontières, son administration et sa petite capitale. Ce fractionnement était un obstacle à toute influence sérieuse des populations dans les grandes affaires du pays. Il fallait qu’un danger commun ou qu’un principe nouveau brisât les vieilles barrières, ralliât toutes ces forces disséminées et refit un corps de ces membres épars. Ce résultat, que l’ancien ordre de choses ne permettait pas d’espérer de la paix, on l’obtint d’abord de la lutte contre les Anglais, et plus tard, quelque contradictoire que paraisse cette assertion, des guerres civiles et religieuses qui bouleversèrent la province. L’émotion répandue par ces alternatives de succès et de revers finit par pénétrer jusqu’au fond des contrées les plus insouciantes ou les plus étrangères aux grands intérêts qui étaient en jeu ; les sympathies des populations devenant un appoint important dans les opérations de la guerre, on se préoccupa de part et d’autre de se concilier leur intérêt, dont jusque-là on avait fait si bon marché. C’est ainsi que nous voyons en quelque sorte mis aux enchères le concours de la bourgeoisie des villes, et cette précieuse alliance achetée au prix de chartes communales, de privilèges commerciaux, qui initiaient les habitants à la vie publique. Cette révélation de droits nouveaux, rayonnant des cités dans les campagnes, y éveilla des sentiments de solidarité dans lesquels était en germe le nationalisme français. Après une si longue ignorance, et cet isolement séculaire de tous les intérêts généraux, il dut y avoir beaucoup d’hésitation et de grandes incertitudes. Les princes anglais, ducs héréditaires de Guyenne, comtes de Poitou, étaient-ils bien des étrangers ? Et le roi de Paris, qui était si loin et qu’on ne voyait jamais, était-il bien le monarque légitime ? Il fallut de longues années et de rudes épreuves pour que la vérité se dégageât des événements. Les trois siècles qui séparent le règne de Louis le Jeune de celui de Charles VII y suffirent à peine ; mais, au XVe siècle, le résultat était cependant en grande partie obtenu : le Poitou était province française et avait le sentiment de sa nationalité. Un autre progrès s’était encore accompli, le pouvoir s’était centralisé, et le roi, vainqueur de l’étranger, rattachait plus directement à son autorité souveraine les provinces dont il était le libérateur. Les habitants du territoire des Deux-Sèvres commencent donc à sortir de la passivité où le régime féodal les avait tenus jusqu’alors, et entrent dans la sphère d’action au milieu de laquelle s’agitent les siècles suivants. Pendant la période anglaise, quoique le pays fût souvent le théâtre de la lutte et se trouvât presque toujours atteint par ses résultats, les habitants n’eurent encore qu’un rôle relativement passif, et furent, pour ainsi dire, moins acteurs que spectateurs ; c’est seulement dans la période suivante que leur initiative commence à se dessiner. Il semble que la population tout entière prît à coeur de se venger de la longue insignifiance de son passé par l’ardeur avec laquelle elle se jeta dans le grand drame religieux du XVIe siècle. Il n’y eut pas une ville, pas une bourgade qui ne se mêlât alors aux révoltes des protestants, comme plus tard aux agitations de la Ligue. Ce fut à Châtillon, en 1568, que les chefs du parti réformé se rassemblèrent pour la première fois après s’être assurés des places voisines, telles que Thouars, Parthenay, Oyron, etc. Dandelot, frère de l’amiral Coligny, fit capituler Niort et passa au fil de l’épée la garnison de la tour Magné. Saint-Maixent se rendit à lui dans le même temps. Les armées des ducs de Montpensier et d’Anjou se rencontrèrent près de Pamproux, où la campagne se termina par une escarmouche. Les chefs protestants et la reine de Navarre passèrent l’hiver à Niort, où ils s’occupèrent à réunir des forces, à pourvoir aux finances de leur parti par la vente des biens ecclésiastiques, et à se ménager les secours de l’Angleterre. Après la journée de Moncontour, si fatale aux protestants, les villes de Châtillon, de Thouars et d’Oyron furent évacuées ; l’amiral Coligny recueillit les débris de l’armée à Niort, et, après y avoir laissé garnison, se retira à La Rochelle. Niort capitula à l’arrivée du duc d’Anjou, et tout le Poitou se soumit. Une tranquillité, du moins apparente, régna jusqu’en 1588. A cette époque, les protestants, menacés dans La Rochelle, se remirent en campagne. D’Aubigné s’empara de Niort et de Saint-Maixent. Thouars et les places environnantes se rendirent aux protestants un an après. L’avènement de Henri IV au trône ramena la paix. La guerre ne recommença qu’en 1621, sous Louis XIII, lorsque le projet d’établir une république protestante surgit dans le conseil des chefs protestants. La Bretagne et le Poitou devaient être un des huit cercles de cette république. L’énergie déployée en cette circonstance par le cardinal de Richelieu et la présence du roi en Poitou déterminèrent la soumission de Niort et de Saint-Maixent ; la prise de La Rochelle, en 1628, mit le sceau à la paix définitive. Cent cinquante ans de paix succédèrent a ces longues agitations ; mais le souvenir des rivalités locales, le réveil des haines mal éteintes donnèrent, en 1792, à l’explosion contre-révolutionnaire un caractère particulier d’obstination. Quatre-vingt-sept communes du département se soulevèrent et prirent une part active à la lutte. Les arrondissements de Bressuire et de Parthenay fournirent aux rebelles leurs principaux chefs, La Rochejacquelein entre autres. Pendant que Niort devenait le quartier général de l’armée républicaine, Châtillon était le siège du conseil supérieur de l’armée royale. Thouars fut la première ville importante dont les Vendéens s’emparèrent ; Parthenay, Bressuire et un grand nombre de villes de la Gâtine et du Bocage furent tour à tour prises ; reprises, incendiées, démantelées, détruites même pendant cette déplorable guerre civile. Nulle part ne fut plus manifeste et plus tranchée la ligne qui séparait alors l’opinion des villes de celle des campagnes. Autant la naïve ignorance, le culte du passé, les pieuses t

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