Histoire, architecture et patrimoine
Les vallées d’Aure et du Louron présentent un patrimoine riche, authentique et bien préservé qui est caractéristique du milieu montagnard, à la fois dans les paysages, dans l’architecture et dans les savoir-faire. L’obtention en 2008 du label Pays d’Art & d’Histoire des Vallées d’Aure et du Louron vient
Les vallées d’Aure et du Louron présentent un patrimoine riche, authentique et bien préservé qui est caractéristique du milieu montagnard, à la fois dans les paysages, dans l’architecture et dans les savoir-faire. L’obtention en 2008 du label Pays d’Art & d’Histoire des Vallées d’Aure et du Louron vient reconnaitre et mettre en valeur ce patrimoine remarquable. De par leur isolement, ces vallées n’ont pas connu de vandalisme lors des guerres de Religion et de la Révolution française. Elles sont restées à l’écart de ces bouleversements et ont su garder une authenticité très marquée. Quelques repères historiques A l'époque Gallo-romaine, le territoire a profité du rayonnement de Lugdunum Convenarum (Saint-Bertrand-de-Comminges), une cité proche et prospère qui sera bientôt l'avant-poste de la chrétienté pour les Pyrénées centrales. Puis, au Moyen Âge, la Vallée d’Aure appartenait au pays des Quatre vallées (Neste, Aure, Barousse et Magnoac), avec Arreau comme capitale, qui jouait un rôle administratif, politique et judiciaire important. Malgré le rattachement de la vallée à la Couronne de France au XV e siècle, la vallée d’Aure, comme la vallée du Louron, conserva une certaine autonomie administrative avec des privilèges ancestraux. Le château des Nestes à Arreau, siège de Justice du XVI e siècle jusqu'au milieu du XVIII e siècle Un lieu de passage incontournable De tout temps, les vallées d’Aure et du Louron, de par leur situation géographique, ont été un lieu de passage que ce soit entre le versant français et le versant espagnol, entre le col d’Aspin et le col du Peyresourde, ou entre le piémont et la montagne. Agricoles, économiques, spirituelles, touristiques, les raisons de traverser ces vallées ont été multiples, chaque époque ayant connu des motivations différentes : Dans un premier temps, les vallées commencent à être saisonnièrement exploitées pour des pâturages alors très extensifs et itinérants dans la 2 e moitié du Néolithique ancien (entre 5 000 et 4 500 ans avant notre ère). A l’époque romaine, selon certains historiens, une voie permettait de traverser les Pyrénées centrales depuis l'Aquitaine vers les Plaines de l'Ebre en Espagne : la Ténarèze. Cette voie aurait suivi la rive gauche de la Neste en traversant la vallée d’Aure depuis Sarrancolin, Arreau, pour remonter le Rioumajou et passer le port de Plan ou du Rioumajou. La vallée du Rioumajou Plus tard, au Moyen-âge, certains pèlerins passaient en vallée d'Aure avant de franchir les Pyrénées. A cette même époque, des traités de commerce et de bon voisinage (Les traités de Lies et Passeries), règlementaient l'utilisation des pâturages de montagne entre les 2 versants. Même en temps de guerre, les relations n'étaient pas altérées Au XVIII e siècle, une route reliant les 2 stations thermales de Bagnères-de-Bigorre à Bagnères-de-Luchon est prévue sous l’initiative d’Etigny, Intendant de la généralité d’Auch : La route thermale n°1. Terminée en 1860, cette route traverse les cols d’Aspin et de Peyresourde, en passant par Arreau. Lors du 1 er passage du Tour de France dans les Pyrénées, en 1910 (7 ans après la création du Tour de France), les coureurs sont partis de Luchon pour atteindre Bayonne en passant par Arreau et le col d’Aspin. Aujourd’hui, le tunnel d’Aragnouet-Bielsa permet de se rendre facilement en Espagne. Le développement touristique Aux XVIIIe et XIXe siècles, les Vallées d’Aure et du Louron ont participé à leur échelle à l’essor du thermalisme, mais sont toutefois restées encore principalement orientée vers l’agropastoralisme jusqu’au milieu du XX e siècle. Après la 2 nde Guerre mondiale, grâce aux gros chantiers hydroélectriques, dont celui de Cap-de-Long (1947-1953) qui apporta d’importantes ressources humaines et financières, le développement touristique commença avec la création de la station de Saint-Lary. Avec l’inauguration du premier téléphérique reliant Saint-Lary au Pla d’Adet, c’est en 1957, le lancement des sports d’hiver moderne et du tourisme d’hiver sur le territoire. Le Pla d’Adet à Saint-Lary-Soulan Quelques années plus tard, en 1971, la création de Piau-Engaly puis de Peyragudes et de Val Louron, complèteront l’offre et si les vallées avaient un certain « retard » dans l’aventure du tourisme, elles l’ont largement rattrapé. Le caractère relativement préservé de leurs villages et de leurs paysages s’avère en ce sens, un atout réel pour toucher un public en recherche de qualité et d’authenticité. Autre atout touristique, le lien avec l’Espagne au travers du tunnel d’Aragnouet-Bielsa. En 1955, la Haute-Vallée d’Aure en est alors aux balbutiements du tourisme, et côté espagnol, le village de Bielsa est totalement enclavé, sans route carrossable vers les autres villes aragonaises. Après des débats de haute lutte pour réussir à convaincre les dirigeants des deux versants et une longue phase de travaux, le tunnel sera inauguré à l’automne 1976 et deviendra une des clés pour le développement du territoire. Aujourd’hui, le territoire tend à un développement équilibré : en conservant une authenticité à travers la préservation de son patrimoine naturel et l’architecture des villages, tout en poursuivant un important développement touristique. Architecture Des maisons caractéristiques du milieu montagnard Chaque village et bourg, bâti au pied des versants ou à mi-versant, offre au regard un art de bâtir local exceptionnel où se distinguent porches et portails, façades, cours, galeries, capucines, etc. Les maisons, les fermes et les granges foraines (véritable patrimoine pastoral) sont bâties avec des matériaux locaux : le bois, la pierre, l'ardoise, ou encore le sable pour les enduits. Les bourgs (Arreau, Sarrancolin, Ancizan, Guchen), avec leur architecture quasi-urbaine, témoignent du commerce et de la manufacture de la laine, ainsi que des foires et marchés qui firent prospérer l'économie locale dès le XVI e siècle. Rue royale et Porte Sainte-Quitterie à Sarrancolin Les bâtisseurs d’antan déployaient dès lors des trésors d'ingéniosité et de savoir-faire pour s’adapter au terrain, sans le dénaturer, tout en créant une cour centrale parfaitement plate et protégée des regards extérieurs. Elle est l’élément autour duquel toute la vie est organisée dans une quasi autarcie, en hiver surtout. Il en r&e